Description des Cymbidium Swartz

Al. M. Brück
almbruck@aol.com

nota : les chiffres entre parenthèse renvoi aux annotations sur l'illustration de Cymbidium insigne, planche extraite de the genus cymbidium in China et annotée

Les cymbidiums (1) sont des plantes vertes épiphytes, terrestres ou parfois lithophytes. Elles développent une importante masse de racines à l'aspect spongieux. Seules les racines des espèces terrestres sont ramifiées.

De croissance sympodiale, la tige est renflée en pseudobulbe court et ovoïde, mesurant de 2 à plus de 20 centimètres et souvent latéralement comprimé. Certaines espèces développent des rhizomes plus ou moins allongés sans pseudobulbe différencié (C. suave, C. Mastersii, …). Celles-ci adoptent alors une croissance quasi monopodiale. Les pseudobulbes, ou les rhizomes, sont engainés par la base des feuilles dont le nombre varie de deux à une douzaine.

Les feuilles sont linéaires à loriformes (en forme de courroie) persistantes et généralement souples. Quand elles sont coriaces et rigides, c’est le signe d’une adaptation à la chaleur et à la sécheresse. A l’inverse, chez les espèces ombrophiles, le limbe s’élargit, la feuille devient lancéolée et est portée par un pétiole (C. lancifolium, C. devonianum, …). Deux espèces sont saprophytes1 (C macrorhizon et C. multiradicatum) et deux autres sont caduques (C. défoliatum et C. rhizomatosum). Chez les premières, les feuilles sont réduites à des écailles le long de la hampe florale, chez les secondes, elles n'apparaissent qu'après la floraison.

Le bord des feuilles est généralement lisse, mais il peut parfois être finement denticulé ou serrulé.

La gaine et la feuille sont délimitées par une ligne transversale appelée zone d'abscission ou articulation. Lorsqu'elles se fanent, c'est sur cette ligne que s’effectue la séparation. Sèche, la base engainante protège les pseudobulbes pendant plusieurs années. La longueur de la base de la feuille et la forme de la zone d'abscission, souvent munie de pointes plus ou moins acérées, peuvent servir de critère d'identification des espèces.

Cymbidium insigne ; planche extraite de the genus cymbidium in China et annotéeSeule une poignée d’espèces ont des feuilles non articulées. Une fois sèches, elles se détachent complètement du pseudobulbe les laissant à nu.

Les inflorescences naissent à la base ou à mi-hauteur des pseudobulbes entre les feuilles. Uniques ou multiples, elles sont érigées, arquées ou pendantes et ne sont jamais ramifiées (botaniquement ce sont des racèmes). De longueur variable, elles portent de une (C. goeringii, C. eburneum) à plus de cinquante fleurs (C. madidum, C. floribundum, …).

Les fleurs (2) sont résupinées et portées par un ovaire pédicellé à la base duquel se trouve une bractée dont la taille sert, elle aussi, de critère de détermination.

Trimères, les fleurs ont des sépales (3) allongés à oblongs. Excepté les espèces de la section Cyperorchis qui ont des fleurs campanulées et pendantes, les sépales latéraux sont étalés. Quant au sépale dorsal, il est tantôt recourbé sur la colonne, tantôt dressé.

La position des pétales (3), de forme analogue aux sépales mais de taille souvent inférieure, confère à la fleur son aspect général. Lorsqu’ils sont regroupés sur la colonne, la fleur s'inscrit dans un triangle ; Lorsqu’ils sont étalés, la fleur prend alors l'aspect d'une étoile à cinq branches.

Trilobé, avec ou sans lamelle ou crête sur l'hypochile, soudé ou non à la colonne, renflé en menton à la base et avec des bords entiers ou inégaux, droits ou ondulés, le labelle (4) est l'élément central de reconnaissance des espèces.

S’ils sont développés, les lobes latéraux recouvrent partiellement la colonne. La taille et le développement de l’épichile donne plus ou moins d’ampleur à la fleur.

De coloration généralement contrastante avec les sépales et pétales, le labelle peut être uni, rayé moucheté ou encore barré d'une large tache. Les sépales et pétales portent souvent des stries ou des bandes longitudinales. Parfois, leurs marges sont translucides.

La colonne (5) est dressée et parfois nettement ailée. Les pollinies (6) sont au nombre de 2 ou 4 et sont portées par un court viscidium.

Après pollinisation, l'ovaire se développe en une gousse volumineuse, uniloculaire, au port dressé ou pendant. Après huit à douze mois, la gousse arrive à maturité. Sa coloration vire au jaune et trois fentes de déhiscence laissent s'échapper les nombreuses et fines graines. Filiformes ou fusiformes, elles mesurent d'un demi à deux millimètres de long. Et comme pour toutes les orchidées, elles sont dépourvues de réserve nutritive et sont dispersées par le vent.

1qui se nourrit de substances organiques en décomposition

Article extrait du premier numéro (décembre 2007) d'OCP consacré au genre Cymbidium.
Les numéros 72 et 73 d'OCP traitent de la taxonomie, des espèces (classiques, autraliennes et orientales) et de leur culture. Ces deux revues sont destinées autant aux débutants qu'aux cultivateurs confirmés.

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