Culture de cymbidiums classiques et de leurs hybrides

Al. M. Brück
almbruck@aol.com


S’il devait y avoir une orchidée autre qu’un phalænopsis à recommander, ce serait assurément un cymbidium hybride. Facile de culture, généreuse dans sa floraison c’est une excellente plante pour débuter. Les hybrides les plus courants étant produits à partir des espèces dites « himalayennes », comme toute production florale de masse, leur culture ne pose pas plus de problème à un particulier qu’à l’horticulteur.

Moyennant quelques simples précautions, la croissance et la floraison sont au rendez-vous.

Exigeant les mêmes conditions que leurs parents botaniques, et bien souvent de culture encore plus aisée, les hybrides sont traités conjointement dans cette partie.

Dans leur habitat naturel, les cymbidiums himalayens sont des plantes mi-terrestres, mi-épiphytes. Leur culture se rapprochera plus de celle d’une autre plante verte que d’une autre orchidée et sera bien éloignée de celle du phalænopsis commun.

Les deux principales conditions de réussite sont leur milieu de culture et le régime climatique. D’elles dépendent les rythmes d’arrosage et de fertilisation.


Le milieu de culture

Un terreau horticole trop compact et peu aéré ne leur conviendra pas. Tôt ou tard, la plante mourrait par asphyxie et pourriture des racines. Le substrat devra donc être allégé et très drainant. Un mélange spécial orchidée, acheté en jardinerie, est acceptable pour les hybrides courants. Le mélange tourbeux assurera une rétention de l’eau suffisante et l’écorce facilitera l’aération. Les plantes seront installées dans des contenants suffisamment grands pour contenir la grande masse de racines. Le fond du pot sera garni d’un bon drainage à base de tessons, de billes d’argile ou tout autre matériau permettant un écoulement rapide des eaux d’arrosage.

Pour les espèces botaniques, plus délicates, le substrat pourra avoir la composition de base suivante : 60% d’écorce de conifère de calibre moyen, 20% de tourbe fibreuse, 20% de polystyrène. Pour les espèces gourmandes ou terrestres, l’ajout d’un peu de fumier bien décomposé ou de feuilles mortes (chêne, hêtre) sera bénéfique. Pour les espèces très sensibles à l’humidité, la part de tourbe sera diminuée au profit d’éléments inertes et drainants (billes d’argile, charbon de bois, …)


Le climat

La floraison est initiée par l’exposition des plantes aux basses températures nocturnes. A l’automne, les plantes séjourneront aussi longtemps que possible à l’extérieur pour bénéficier d’un maximum de lumière et de la baisse des températures nocturnes. A cette saison, les plantes se contenteront des pluies automnales. Mais si elles sont trop abondantes, les plantes sont ramenées à un emplacement plus protégé. Compter environ 6 semaines de nuits vers 10°C pour une bonne floraison. En hiver, et durant toute période de gel, les plantes sont placées dans un local frais et très clair. A cette saison, les arrosages seront réduits au strict nécessaire.

Les potées ne sont rapportées dans une pièce chauffée que lorsque les boutons sont ouverts. En effet, au-dessus de 15 °C, le risque est grand de voir les boutons tomber avant leur épanouissement.


Une floraison d’exception

Il y a peu de différence entre une plante quelconque et une belle plante qui recueillera toutes les louanges, voire les récompenses lors d’une exposition. Quelques conseils suffisent. Ils devront toutefois être ajustés aux conditions climatiques locales et aux habitudes culturales.


Préparer les plantes

La floraison se prépare tout au long de l’année. Une plante vigoureuse sera plus florifère qu’une plante chétive. Et les fleurs seront plus nombreuses et auront plus d’envergure. Il est donc nécessaire d’arroser et d’alimenter la plante correctement et en fonction de ses besoins. L’engrais sera donné régulièrement et à bonne dose, les cymbidiums étant des plantes gourmandes. D’abord de formulation équilibrée, il sera réduit en azote dès l’automne et suspendu en période de repos.

Les dépôts calcaires sont inesthétiques et permanents. Les plantes seront donc bassinées et vaporisées à l’eau aussi douce que possible.


Améliorer la présentation

Dès l’apparition de la hampe, l’espace autour des plantes sera dégagé. Gênée dans sa croissance par des feuilles ou une autre plante, la hampe conserverait une déformation permanente rendant l’ensemble inesthétique. Les hampes à port dressé seront tuteurées le plus tôt possible sans que le support ne gêne le positionnement des boutons. Les liens ne seront pas trop serrés et le tuteur ne dépassera pas le deuxième fleuron, la partie supérieure de la hampe conservera ainsi un port plus libre et plus naturel.

La face de présentation de la potée devra toujours rester tournée vers la source de lumière. Une fois la plante ainsi dirigée, elle ne devra plus être déplacée, au risque de voir la hampe se déformer pour reprendre sa direction initiale.

La chasse aux escargots et autres limaces sera renforcée. Une nuit suffit souvent pour voir, au matin, la hampe ou les boutons irrémédiablement rongés.

Quelques jours avant d’exposer la plante au salon ou sur un stand d’exposition, les potées seront débarrassées des mauvaises herbes, les feuilles mortes éliminées (les vieux pseudobulbes sont plus esthétiques sans leur gaines desséchées). Les feuilles abîmées ou jaunes seront, soit réduites en longueur, soit ôtées. Le feuillage doit mettre en valeur les fleurs, il devra être uniformément vert, dépoussiéré et lavé.


Intensifier les couleurs

Les fleurs à dominantes blanches, vertes ou pastel ne seront plus exposées à une lumière trop intense dès que les boutons seront formés. Une trop forte lumière provoque une coloration rougeâtre des pièces florales. Cela est particulièrement important pour obtenir des coloris « vert pomme »

A l’inverse, les fleurs à dominante rouge ou rose foncé, ainsi que le coloris jaune vif bénéficieront d’une bonne lumière qui intensifiera les tons. Cependant, dès l’ouverture des boutons, dans le but d’éviter que les couleurs ne s’estompent, l’intensité de la lumière sera réduite.

Par réaction au froid, les plantes développent une pigmentation rouge (anthocyanes). Ce comportement peut être mis à profit si nécessaire. Au contraire, les températures trop froides seront évitées pour les coloris blancs et verts.


Ultimes recommandations

Si la plante n’a pas toute la vigueur voulue, la hampe ne sera laissée sur la plante qu’un mois. Coupée, elle pourra tenir un autre mois en vase. La plante ne sera pas trop affaiblie et sera plus vigoureuse par la suite. De même, sauf pour la production volontaire de graines, les fleurs pollinisées seront éliminées.

Bien entendu, l’extérieur des pots sera nettoyé. Pour les pots en matière plastique et ceux en terre cuite, l’emploi de cache-pot s’avèrera judicieux. Leur couleur devra être neutre et ne pas détourner l’attention portée aux fleurs. Seuls les pots à décoration ou en céramique seront exposés sans cache-pot. Le choix d’un tel contenant doit se faire en fonction de l’harmonie générale de la potée fleurie.

Les espèces à port pendant ne seront pas tuteurées et l’espace devant et sous le pot sera dégagé pour laisser toute la place nécessaire au bon allongement des hampes. Attention aux manipulations qui pourraient l’endommager !

Les maladies

Les cymbidiums sont peu sensibles aux maladies à l’exception de certaines viroses.

La plus importante est due au Virus de la Mosaïque du Cymbidium, CyMV. Le Virus de Mosaïque du Tabac, TMV, est également à craindre. Les symptômes ne sont pas toujours faciles à identifier. Des décolorations jaunes en forme de bâtonnet ou des nécroses des fleurs permettent, parfois, de les déceler.

Contagieuses et incurables, les viroses imposent de jeter les plantes malades.

Hormis les viroses, les cymbidiums peuvent être atteints par diverses attaques de champignons ou de pourritures généralement causées par des arrosages excessifs. Un bon suivi cultural et quelques traitements préventifs à base de fongicides polyvalents sont généralement suffisants.

Les insectes (pucerons, cochenilles, acariens, …) sont peu friands des cymbidiums et leur contrôle sur les autres plantes devraient suffire. Dans le cas contraire, les produits du commerce (chimiques ou biologiques) conviennent.

Enfin, les escargots et les limaces seront chassés avant qu’ils ne provoquent trop de dégâts !

Article extrait du second numéro (mars 2008) d'OCP consacré au genre Cymbidium.
Les numéros 72 et 73 d'OCP traitent de la taxonomie, des espèces (classiques, autraliennes et orientales) et de leur culture. Ces deux revues sont destinées autant aux débutants qu'aux cultivateurs confirmés

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