Vingt-et-un mois ! c'est près de deux années que j'ai
passées dans les années 90 et 91, sur l'île de la
Réunion à la découverte de ses orchidées.
Que ce soit dans les serres du jardin botanique et conservatoire de
Mascarin, (où j’y ai travaillé en tant que
responsable des cultures), et sur le terrain, plus spécialement
dans le Cirque de Cilaos.
C'est à Mr Jean-Jacques PAYET que je dois cette opportunité. Je l'en remercie encore.
Parti à la découverte des orchidées, j'y ai
trouvé toute la riche flore de plantes endémiques
disséminées ça et là. J'y ai aussi vu les
exotiques envahissantes qui les concurrencent dangereusement. À
partir de sorties que j'ai faites sur mon temps libre, je vous propose
quelques itinéraires de difficultés variables qui vous
permettront, vous aussi, d'approcher la diversité floristique de
Cilaos.
Le cirque de Cilaos
Ancien volcan érodé par le temps et au relief très
accidenté, le Cirque de Cilaos occupe le centre de l'île
et culmine au Piton des Neiges à 3 070m. Cilaos, le Palmiste
rouge, le bras sec et l'îlet à corde sont quelques
villages perchés à 1 250 m.
La forêt du Tapcal (1550-1600m)
Commençons par la forêt du Tapcal. Il faudrait plus d'une
journée de marche pour la parcourir toute entière.
Malheureusement, peu de visiteurs ont autant de temps à y
consacrer. Le début de cette longue randonnée commence
à l’Îlet à Poule à quelque 1 121m
d'altitude. Dans ce secteur entre le commencement du sentier et le bras
d’Eustache, la végétation est dense et par endroit
difficile d’accès à cause des arbres morts, des
lianes et des autres plantes qui encombrent le passage.
La végétation est composée de bois de couleurs, un
grand nombre de Tambourissa, plusieurs espèces de Dombeya, deux de Pittosporum, des Cyathea
(fougère arborescente) et encore bien d'autres. J'ai
été étonné de voir que l’exploitation
sauvage du Fanjan s'y faisait encore.
Dans cette forêt, il est assez facile d'y observer 5 à 6 espèces d’Angraecum, Bulbophyllum nutans et B. densum, Calanthe sylvatica, Habenaria citrata, 2 à 3 espèces de Jumellea ainsi que Polystachia cultriformis et avec un peu de chance, quelques espèces plus rares comme des variétés de Calanthe sylvatica, Habenaria citrata ainsi qu’Angraecum cornigerum.
À côté de ces orchidées poussent parfois de petits Ophioglossum reticulatum (fougères) et de bien plus grands Pandanus purpuracens. Si vous y allez de mars à mai, vous verrez les fleurs blanches de Trochetia granulata, arbre endémique de la Réunion.
La cascade de la ravine Fleurs jaunes et le Piton de sucre
À une altitude 1 300m, cette sortie ne vous prendra pas plus de
2 heures. Malgré présence de la cascade, ce secteur est
assez sec. Cette ancienne forêt de bois de couleurs est
maintenant envahie par des « pestes
végétales » comme Furcraea foetida (choca vert), Lantana camara (galabert), Casuarina equisetifolia (filaos) ou Rubus alceafolium
(vigne marron) pour ne citer que les plus abondantes. Néanmoins,
dans cette végétation exotique souvent
enchevêtrée, Cryptopus elatus y est assez fréquent et deux espèces de Jumellea pourront aussi y être trouvées : J. recta généralement lithophyte et J. triquetra (syn. neglecta) plutôt en épiphyte sur les branche bien exposées. Quelques Angraecum (multiflorum, ramosum) peuvent aussi y être trouvés.
Vous trouverez peut-être une curieuse plante ressemblant à
un genet à balai couvert de petites boules translucides
semblables à celle du gui. C'est en fait un Psilotum nudum assez rare à cette altitude.
Le sentier qui mène au col du Taïbit.
Le départ du sentier se trouve sur la route menant de Cilaos
à l’Îlet à Corde. En 1 h 30 il vous
mènera de 1 250m à 1 470m. Cette sortie est aisée.
La partie à explorer s'étend de part et d'autre du
sentier qui monte puis tout le côté gauche en redescendant
jusqu’à la ravine.
Le terrain assez sec est dominé par Aphloia theaeformis (change écorce). Mais ici aussi les pestes végétales comme le Lantana camara (galabert) et le Rubus alceafolium (vigne marron) n'y sont pas rares.
Parmi les espèces d'Angraecum, vous verrez A. ramosum et A. caulescens. Entre le mois de septembre et décembre cherchez les fleurs vertes d'Aeranthes strangulatus. Disséminés sur les branches basses et sur les ...
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